Digressions

Blog en pause

Est-ce le temps estival, les dates butoir qui tombent les unes après les autres, ou même l’évolution de mon rapport à la lecture et à l’écriture ? Je ne sais, mais j’ai besoin de mettre le blog officiellement en pause quelques temps.

Je vous donnerai des nouvelles prochainement car, entre le roman qui s’achève (oui !), le recueil de nouvelles prêt à paraître (oui !) ou encore le recueil de Vermiscellanées qui se termine (oui !), il se passe tout de même pas mal de choses.

Pour ne rien manquer, je vous invite en attendant à suivre ma page auteur sur Facebook ou mon Twitter, dont l’immédiateté me permet plus facilement de vous tenir au courant des petits avancements de ma vie littéraire.

Sur ce, je retourne à mes lectures et à l’écriture, et je vous dis…

à très bientôt !

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1 2 3 ♥

1, 2, 3, coup de ♥ [Mars]

Cette fois-ci, la désignation est une évidence. Je ne promets pas de vous en parler (même si j’aimerais bien) mais mon coup de cœur absolu du mois, le voici. L’exercice consiste à vous le résumer en trois mots, pas plus :

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Épopée, Pogo, Anarchie

Et pour en savoir plus sur le concept, c’est par ici !

Lectures

Millenium Blues de Faïza Guène

Il y a peut-être un avantage à vieillir : on commence à entendre nos premiers chants générationnels. Les rares fois où j’ai pu lire quelque chose sur les gens de mon âge, c’était des articles alarmistes sur le fait que ma génération ne respectait rien ou des généralités de bouquins de management sur la difficulté d’encadrer ces jeunes qui ont besoin de sens dans leur travail — comme si les précédentes avaient toujours marché au pas sans rien questionner. Comment gérer les générations Y ? Ces livres-là, souvent, oubliaient d’y adjoindre un chapitre miroir qui m’aurait été utile : comment manager, prendre des décisions, se faire prendre au sérieux quand on est de la génération Y ? J’imagine qu’à quarante ans, nous écrirons des livres pour dire qu’on ne comprend pas les Z, et on se donnera des conseils pour arriver à les encadrer sans qu’ils ruent trop dans les brancards…

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Je ne connaissais pas Faïza Guène mais les journaux et Internet m’apprennent que c’est un phénomène. Son parcours a de quoi faire rêver les écrivains en herbe. Allez, ni une ni deux, je note Kiffe kiffe demain dans mon carnet d’idées. Mais au fond, mon ignorance est pratique. Elle m’a permis de lire ce livre sans a priori. Moi qui ne savait rien de la Sagan des banlieues, j’allais porter sur le roman un regard naïf et neuf — ce qui est très drôle à prononcer tout haut.

Millenium Blues, c’est une énième histoire de transition adolescence-âge adulte. Je me permets de dire énième, parce que c’est ce que je ne cesse de lire et d’écrire en ce moment. On suit la narratrice, Zouzou, à travers ses galères amoureuses. En parallèle se devine le destin de la meilleure amie, Carmen, bouleversée depuis qu’elle a renversé par accident une cycliste et mère de famille. Les deux jeunes filles vivent en banlieue parisienne — la provinciale de cœur que je suis ne saurait plus dire laquelle, et c’est tout aussi bien. A travers leur histoire se dessine la formation d’une féminité complexe, prise entre un désir de liberté et des injonctions sociales toujours présentes. Zouzou, fille d’un couple mixte franco-kabyle, interroge également le rapport à l’identité et aux origines par sa trajectoire familiale.

Bon. Cela posé, j’ai tout dit et rien dit à la fois. Parlons contexte de lecture : j’ai dévoré Millenium Blues un dimanche après-midi. Le livre terminé, j’avais envie de dire qu’il n’y a rien de spécial. Que ce sont que des vies humaines exposées par tranches, comme quelqu’un nous les raconterait au café ou dans la rue. Ça n’a l’air de rien comme ça.

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1 2 3 ♥·Lectures

1, 2, 3, ♥ [Janvier]

Relancé dernièrement par Aelys, le 1,2,3 ♥ ! est un rendez-vous mensuel permettant de parler de la lecture qui nous a marqué dernièrement. J’avais promis que je participerai, dont acte ! Vous devriez entendre parler de l’ouvrage un peu plus en détail d’ici quelques jours :

1, 2, 3, ♥… [Janvier]

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Mon impression de lecture en trois mots :

Hip-hop, Hachure, Jeunesse

Lectures

La Mort de Fernand Ochsé de Benoît Duteurtre

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Je suis incorrigible, que voulez-vous ? Publié dans la collection Fayard récit, La Mort de Fernand Ochsé est moins un roman qu’un essai sur une figure oublié du Paris d’avant la seconde Guerre mondiale. Intellectuel, artiste, dandy, Fernand Ochsé signe des costumes d’opérettes, s’est construit une thébaïde d’artiste en plein Paris et, à l’occasion, compose des morceaux musicaux qui nous sont rarement parvenus. Mort après avoir déporté dans le convoi n°77, il est un symbole offert sur un plateau d’argent : la Belle Époque et sa légèreté comme martyrs de l’histoire contemporaine.

Dans les faits, je suis sans doute le public rêvé pour ce genre de livres. Je travaille dans le cadre de ma thèse sur la toute fin du XIXe siècle et son foisonnement culturel, aussi les noms égrenés dans toute la première partie me sont-ils familiers. J’avoue, j’ai été sensible au charme de faire coucou à Henri de Régnier, à Madame de Saint-Marceaux et à tout ces gens que je croise régulièrement dans l’étude de Jean de Tinan. Et puis, parlons-en, de Jean de Tinan. Je m’intéresse moi-même à un auteur oublié, à qui la critique reprochera plus tard sa frivolité. Comment ne pas me sentir concernée par tout un pan de l’histoire culturelle musicale que Benoît Duteurtre nous révèle ?

Ma lecture s’est passée en deux temps. La mort de Fernand Ochsé s’apparente un peu à la course sans fin de Dider Blonde sur la mystérieuse Leïlah Mahi ou aux tentatives de Fellini de filmer les clowns de son enfance (cette comparaison a déjà été utilisée sur ce blog, voyez comment je ne renouvèle pas mon répertoire cinématographique). L’auteur oscille entre une écriture très littéraire, qui s’invite parfois dans la psyché de personnages réels (le premier chapitre écrit du point de vue d’une femme du monde découvrant la maison enchanteresse des Ochsé en est un bon exemple) et des points sur l’avancée de ses recherches, les personnes contactées, les rares éléments d’information récoltés. Le tout agrémenté de longues citations. Peut-être pourrait-on y voir une forme de fantaisie biographique, au moins par le ton choisi, volontairement libre : à travers la vie de ce personnage disparu des mémoires, c’est à une défense et illustration de l’opérette et de la chanson française que l’auteur nous convie.

Une fois de plus, je suis plus que partante. Je suis une grande amatrice de musique de chambre fin XIXe. Je me suis passé en boucle différentes interprétations de L’Heure exquise de Reynaldo Hahn (oui) et bien que n’étant plus spécialiste, je trouve dans ce genre de morceaux un charme sans doute désuet, mais pas ridicule pour un sou. Je me suis d’ailleurs laissée porter par l’évocation de ces temps-là, que j’ai trouvée adroite et bien menée. C’est là qu’est venu le second temps de lecture…

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