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[J] Enfants de poussière de Craig Johnson

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Finalement, les polars, c’est pas si mal. Après la découverte d’Arnaldur Indridason et des frimas de l’hiver islandais, j’ai choisi une toute autre ambiance, avec Enfants de poussière de Craig Johnson. Direction le Wyoming, l’état le moins peuplé des Etats-Unis, dans le comté d’Absaroka, où officie le shérif Walt Longmire. Celui-ci accompagne sa fille, en rééducation après un grave accident, et il assiste, inquiet, à ses progrès — tout en songeant à la jeune femme brillante qu’elle était, autrefois. Seulement, le comté est en émois lorsque le corps d’une jeune vietnamienne est retrouvé lors des fauchages. Un gigantesque indien, trouvé à côté, semble être le coupable idéal, mais le shérif en doute —  surtout lorsqu’il retrouve dans son sac une photographie prise lors de la guerre du Vietnam, et où il se reconnaît.

Le roman alterne des passages contemporains, où le shérif mène l’enquête sur le meurtre de la vietnamienne avec toutes son équipe, et Henry-Standing-Bear, son ami cheyenne ; et des souvenirs de la guerre. Les deux enquêtes sont-elles liées ou non ? Que faisait le sac de la victime dans les affaires de l’indien mutique ? Quelle est son hstoire, à lui ? Il se trouve qu’au terme de l’enquête, j’ai surtout retenu des personnages, humains, cohérents psychologiquement, et avec lesquels le lecteur tombe facilement en empathie. Le personnage de l’ami cheyenne, ou du grand indien, qui se révèle appartenir aux Crows, notamment, m’ont fascinée parce qu’ils sortent un peu des clichés du personnage secondaire indien. Les éléments de folklore convoqués semblent plus fouillés et plus connus que d’habitude, et ça me donne envie de voir si d’autres romans de la même série traitent de ces questions-là car j’ai eu très envie d’en savoir plus.

En outre, l’atmosphère du WYomig, avec la chaleur, la poussière, les villes fantômes, est particulièrement bien rendue, sans tomber dans le cliché : on n’est pas là dans un décor de carton-pâte, mais dans des lieux où les personnages vivent et ont leurs petites habitudes. Bref, une lecture agréable, dans un style simple mais maîtrisé : nous sommes à la première personne, dans la tête du shérif Longmire, et on sent un narrateur intelligent, doté d’une culture un peu classique, mais rendu âpre par ses expériences. Bref, une série de policiers à creuser, qui offre un dépaysement très plaisant.

Il savait que nos chemins n’étaient pas si différents l’un de l’autre. Nous nous étions tous les deux enfuis le plus loin possible de la guerre, jusqu’aux franges de notre société, mais le Vietnam nous avait rattrapés..
Peut-être n’était-ce pas tant que nous étions hantés, mais c’était la manière dont nous choisissions de gérer ces échos dans notre vie et le moment que nous choisissions pour le faire qui faisaient de nous des êtres à part. peut-être que le combat que j’avais choisi de mener au Vietnam avait laissé des marques. C’était un héritage qui me liait plus fortement aux morts qu’aux vivants. C’était là, disait Ruby, mon défaut.

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