Challenge ABC 2015·Challenges de lectures·Lectures

[N] Rosie Carpe de Marie Ndiaye

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S’il n’y avait pas le challenge ABC, j’aurais sans doute laissé passer cette lecture sans écrire de chronique pour une raison simple : j’ai l’impression que ce livre me dépasse. Ce n’est pas évident, d’avouer ainsi son impuissance, et pourtant, je n’ai absolument pas confiance en ma capacité de rendre compte de ce roman.

C’est que Rosie Carpe ne ressemble à rien de ce que j’ai déjà pu lire. C’est déjà un sacré truc, quand on y pense. Au niveau du sujet, peut-être que je pourrais parler d’un Zola moderne. Marie Ndiaye s’attache en effet à décrire le morne et triste destin de Rose-Marie Carpe et de son frère Lazare. Suite à l’échec de ses études à Paris, Rose-Marie trouve un emploi dans un hôtel miteux de la banlieue d’Antony et tombe bientôt enceinte. Son frère, quant à lui, enchaîne les plans foireux, déchoit à son tour, puis décide de monter une affaire en Guadeloupe. Le roman commence au moment où la jeune femme désormais appelée Rosie tente de l’y rejoindre. Elle est enceinte et accompagnée de son premier enfant : Titi, âgé de six ans, pâle et grêle. Bien vite, elle se rend compte que la vie idyllique que lui décrivait Lazare dans ses lettres n’est qu’un mensonge, et qu’elle ne trouvera pas chez lui le refuge qu’elle pouvait espérer.

C’est cru, c’est fort, c’est profond. Marie Ndiaye nous fait tour à tour voir comme une héroïne et comme un monstre cette jeune femme mal partie dans la vie. Loin de nous donner des réponses toutes faites, elle interroge, sans relâche, les petits riens de la vie et leur signification, et réussit le tour de force d’écrire un roman sur une histoire qui, par définition, pouvait sembler tout sauf romanesque. La dernière partie du livre s’engouffre dans une sorte de poursuite fantasmagorique, , à la fois horrible et poétique, où les frontières de la réalité et du rêve ne sont plus très bien définies.

Roman sur les terribles conséquences du désamour, sur le mal et la destruction que l’on sème sur son passage sans même en avoir réellement conscience, Rosie Carpe de Marie Ndiaye m’a semblé étrangement nécessaire – et c’est un compliment que je suis rarement tentée de faire. Alors pardonnez-moi d’en parler si mal, et allez y jeter un œil, si vous l’osez. Pour ma part, je me promets de lire un autre roman (paraît que les autres sont moins sombres) de cet auteur, que je n’avais pas encore eu le plaisir de découvrir.

(Et bonne nouvelle ! Avec ce roman, j’avance encore un petit peu dans mon challenge ABC : plus qu’un titre, et j’aurai terminé !)

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3 réflexions au sujet de « [N] Rosie Carpe de Marie Ndiaye »

  1. J’ai lu trois livres de Marie N’Diaye et il n’ y a qu’un seul qui m’a véritablement marqué : Trois femmes puissantes.
    Le fantastique dans ces récits m’a quelquefois troublée mais j’aime beaucoup sa force d’écriture.

    Vu votre avis, je tenterai de lire ce livre.

    Grâce Minlibé
    Auteur de Chimères de verre

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  2. C’est drôle, tout le monde a aimé Trois femmes puissantes, sauf moi. Je les aime presque tous, ses livres, le seul auteur qui me motive à lire son oeuvre entière (mais il faut dire que je ne suis pas une grande lectrice).

    Aimé par 1 personne

  3. Je dois vous avouer un truc honteux… A un jeu de culture général, j’ai eu une question sur Trois femmes puissantes… et malgré vos commentaires, je n’ai pas su répondre. C’est la loose ultime 😀

    J'aime

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