Ecritures

Une boîte à outils pour écrivain : Scribay Premium.

Cela fait un moment que je suis inscrite sur Scribay, réseau social d’écriture. Le lien vers ma page a fleuri dans le menu de ce blog assez rapidement et après avoir erré un peu en tant qu’aspirant auteur sur le net, c’est l’endroit où j’ai le plus longuement posé mes valises. Sans publicité, la plateforme propose plusieurs services intéressants. Parmi eux, deux d’entre eux avaient particulièrement retenu mon attention : les défis proposés par les membres, que j’ai utilisé comme supports d’inspiration et relais de l’atelier d’écriture en 10 séances organisé l’année dernière ; la possibilité pour mes lecteurs de changer la police, la mise en page et de télécharger en .pdf ou en epub les textes postés. En somme, alors que la mise en page des contenus littéraires en ligne continue à susciter plein de questions, la plateforme me permettait d’expérimenter et de publier quelque chose d’adaptable, et qui puisse être rapidement manipulé par le lecteur.

Depuis, Scribay s’est beaucoup transformé. On peut identifier plusieurs directions prises par la plateforme : la création et l’animation de communautés allait dans le sens d’un développement de l’aspect communautaire, tandis que l’apparition de versions du document ou de possibilités pour les lecteurs d’annoter les textes tiraient la plateforme vers un assistant d’écriture. Ayant participé aux deux, j’ai davantage bénéficié du deuxième aspect, et je crois pouvoir dire qu’on différencie mes textes publiés sur Scribay des autres par leur nombre bien moindre de coquilles !

Le service Premium développe encore davantage cet aspect. Je vous invite à jeter un œil aux posts d’Un mot à la fois, d’Elodie Agnesotti ou de L’Arbre aux livres. Outre que ces trois billets ont l’avantage d’avoir plein de captures d’écran beaucoup plus belles que les miennes, ils décrivent en détail l’offre et ses fonctionnalités. Pour la résumer en peu de mots : Scribay Premium propose plusieurs services d’aide et d’accompagnement à l’écriture, moyennant un abonnement mensuel. Parmi eux, on trouvera la possibilité de faire des fiches de personnages, des propositions de réécriture de classiques de la littérature (Dracula ou Les Trois mousquetaires, pour ne citer qu’eux), des entraînements en temps limité, à partir d’un sujet généré aléatoirement (nous y reviendrons) et enfin plusieurs parcours narratifs guidés, permettant d’accompagner pas à pas la rédaction d’un roman.

J’ai eu la chance de bénéficier d’une période d’essai rallongée afin de tester les nouvelles fonctionnalités de la plateforme, et voici ce que j’en retire.

Le mode entraînement.

entrainement

J’ai toujours cherché à varier les formes d’inspiration. L’image d’Épinal de l’écrivain possédé tant par son idée que par la nécessité d’écrire ne m’a jamais vraiment convenu, et j’ai souvent eu besoin de chercher des sollicitations extérieures pour trouver mes sujets. J’ai ainsi testé les ateliers d’écriture sur blog, en ai animé un petit moi-même, ai multiplié les jeux sur forum et les consignes d’écriture à contrainte. L’entraînement s’est donc tout naturellement inscrit dans cette recherche constante d’idées et d’expérimentations. Sur un synopsis généré aléatoirement (auquel on peut rajouter une contrainte si on le souhaite), la plateforme nous donne 10 minutes pour écrire quelque chose.

Pour quelqu’un comme moi qui tourne et circonvolue, c’est à la fois l’enfer sur terre et exactement ce qu’il faut pour progresser. Cela force à aller directement à l’essentiel. Le travail autour de l’ambiance et du style, qui sont au centre de mes pratiques d’écriture habituelles, passent soudain au second plan et je dois m’occuper du reste. A savoir de la narration et de la structure. Le contenu des synopsis m’a également forcée à sortir de mes genres de référence. Parmi les résultats, certains sont clairement à jeter, d’autres ont donné d’intéressants objets dont je me suis promis de faire quelque chose. L’un d’entre eux a été envoyé à un concours d’écriture, mais je peux vous proposer celui-ci à la lecture (il suffit de cliquer sur la couverture) :

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Couverture issue du jeu d’écriture Roulette Russe du forum Jeunes écrivains. Je le confesse : je multiplie parfois les contraintes !

La relecture

En parallèle de la correction d’un recueil de nouvelles, j’ai aussi fait usage de l’algorithme de relecture proposé dans l’éditeur de textes. Comme tout correcteur artificiel, tout n’est pas à prendre au pied de la lettre, mais il a l’avantage d’affûter le regard sur telle ou telle particularité. Par exemple, il va mettre en évidence les phrases ou paragraphes longs, les adverbes ou les négations. Le but ensuite n’est pas de bannir tous les adverbes (de toute façon, moi, mon problème, ce sont les adjectifs. Et le verbe sembler) mais d’identifier leur fréquence et de garder ceux qui comptent.

Un système de statistiques permet également de vérifier la longueur moyenne des phrases, la richesse du vocabulaire utilisé ou le recours aux dialogues. Autant de données brutes qui permettront un enrichissement de point de vue sur l’œuvre en cours d’écriture. J’ai plus de réserve sur la comparaison de nos statistiques avec le style d’écrivains connus, mais c’est sans doute parce que l’algorithme m’a identifiée comme un clone de Patrick Modiano, que je n’ai jamais su lire jusqu’au bout et qui m’avait valu une très mauvaise note au brevet blanc (aucun prix Nobel ne pourra racheter cela).

 

 

Le parcours aventure.

parcours1
Logo du parcours aventure – Scribay.

La proposition phare de Scribay Premium est enfin l’offre de parcours d’écritures permettant un accompagnement, presque un coaching, dans la rédaction d’une œuvre longue. Ne pouvant pas tous les tester dans le temps qui m’était imparti, je me suis concentrée sur le parcours le plus détaillé : le parcours Quête et aventures. Basé sur la structure type d’un roman d’aventure, celui-ci détaille pas à pas une structure narrative complexe, vidéos à l’appui, à partir de laquelle on est invités à construire son histoire. Si certains ont pu craindre une normalisation de la forme littéraire, il me semble que le parcours est assez ouvert pour laisser une place à l’individualité de chacun. Après tout, plein de gens très sérieux nous expliquent qu’on ne fait qu’écrire sans arrêt le même livre — que ce soit au niveau personnel ou au niveau du genre humain. Sans aller jusque là, on peut identifier plusieurs types d’histoires qui, si on les décortique, se trouvent avoir toutes le même squelette. Le constater ne leur ôte ni leur originalité ni leur résonance.

 

Dans mon cas, le parcours, que je n’ai pas (encore) poussé très loin, m’a permis d’identifier plusieurs obstacles contre lesquels je bute à chaque projet de roman. Je crois pouvoir dire que je ne suis pas tout à fait une débutante en littérature : j’ai poussé mes études de lettres jusqu’à une thèse (en cours), et j’ai étudié les structures narratives à plusieurs niveaux de ma formation. Mais les aborder en tant qu’analyste est différent que les aborder en tant qu’auteur. Lorsque j’ai repris l’écriture, je me suis d’abord attachée à produire de petites formes courtes, qui n’avaient pas toujours un début et presque jamais de fin. Je me suis ensuite attelée aux nouvelles, où j’ai expérimenté une structure narrative simple, à base de situation initiale, élément perturbateur, résolution apparente et chute. Mais dès lors qu’il s’agit de passer au récit long, ça coinçait. Je crois que Scribay m’a aidée à comprendre pourquoi.

Il y a des raisons très classiques à cela, pour commencer. Un manque de temps qui relève de la maladie chronique, une incertitude quant à l’avenir qui empêche de se poser et d’écrire de manière suivie, et de grands projets qui occupent une bonne partie de mon espace mental — en vrac, la thèse et les concours. Au fond, les fondateurs de Scribay m’ont proposé de tester les nouveaux services de la plateforme au pire moment possible de ma vie. Pourtant, j’ai écrit dix (courts !) chapitres et identifié pourquoi cela faisait deux ans que je n’arrivais pas à écrire de roman. Cela fait trois ans que j’écris régulièrement des nouvelles et textes courts, et je pensais un récit long selon les mêmes modalités : une situation initiale, un paroxysme final et, au milieu, plein de vide que je n’arrivais pas à remplir. Bien qu’il soit d’abord destiné aux récits épiques et que mon projet de roman soit plutôt une histoire aussi banale que psychologique, j’ai choisi  le parcours Quête et aventure à dessein parce qu’il me permet de créer une dynamique de chapitre à chapitre, lorsque je n’écrivais auparavant qu’en tirant tout vers mon climax. Si tous les chemins doivent dans l’idéal mener à Rome, un roman doit compter quelques sentiers qui bifurquent, et le protagoniste n’a pas qu’un seul obstacle ou un seul ennemi à combattre.

Il est vrai qu’au vu de ma situation actuelle, le prix de l’offre n’est pas anodin pour moi. L’abonnement Premium est à 19,90 euros par mois — résiliable à tout moment, avec un mois gratuit. En fait, 19,90 par mois, c’est à la fois cher et peu cher. C’est deux abonnements Netflix ou beaucoup de paquets de pâtes. Mais c’est aussi beaucoup moins cher qu’absolument tous les ateliers d’écriture sur le long terme que j’ai pu dénicher. Moins cher que la formation à l’écriture créative que je ne pourrai sans doute jamais m’offrir. Et sans doute cela vaut-il le coup face à la possibilité d’identifier mes manques et de les travailler spécifiquement.

Alors, même si je resterai sans doute une mauvaise élève et ne remplirai pas toujours mes objectifs quotidiens sinon hebdomadaires, parce que j’ai à jongler avec trop de contraintes pour pouvoir me consacrer réellement à eux, j’espère néanmoins continuer ce roman bizarre selon la structure proposée, malgré les blocages et les difficultés qui reviennent. Continuer à identifier mes manques et à faire évoluer mon personnage de situation en situation, en rêvant de retrouver un jour l’aisance que j’avais quand je remplissais mes cahiers d’écolière avec des mots d’insouciance et que je créais des histoires avec mes figurines d’animaux.

Je suis en thèse de littérature et j’apprends, doucement, à écrire.

 

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4 réflexions au sujet de « Une boîte à outils pour écrivain : Scribay Premium. »

  1. J’ai l’impression que ce blog a changé depuis la dernière fois que je suis venu!… En tout cas merci de faire découvrir Scribay, difficile de faire coïncider la thèse et l’écriture n’est-ce pas… (je viens de faire le lapsus « écritère », c’est curieux, ça définirait bien Scribay finalement)

    Aimé par 1 personne

    1. Je viens en effet de changer la couleur de fond et l’image de bannière. J’avais envie de marquer discrètement mon retour et d’avoir une ambiance plus chaleureuse pour l’automne ! 🙂

      Difficile de trouver un équilibre, oui. Surtout quand on ajoute les concours de recrutement à l’équation ! Après, les pauses sont aussi des moments inspirants et les recherches doctorales me soufflent parfois des idées d’écriture… J’imagine qu’on n’a rien sans rien !

      Aimé par 1 personne

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