Digressions·Le mardi sur son 31·Les Introuvables

Le mardi sur son 31 : La Chouette effraie de Christian Wasselin

Tiens, cela faisait longtemps ! Mais une fois n’est pas coutume, le timing est particulièrement bon : on est mardi, je viens de commencer un ouvrage, le début m’enthousiasme et je brûle de l’avancer et d’en parler bientôt. Bref, c’est le moment ou jamais de la jouer Mardi sur son 31 (toujours selon une idée piochée ) !

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Pour un polar multi-personnages, la page 31, ce n’est rien. Il y a peut-être encore bien des gens et bien des points de vue à découvrir. Dans le chapitre correspondant, le lecteur fait la connaissance d’un mystérieux Kozaï, amateur de gothique à l’ancienne, de gothique littéraire, qui se retrouve, sur un malentendu, à assister à un concert gothique nouveau style dans un cimetière :

Aussitôt, de derrière les tombes les plus hautes surgirent des ombres de toutes les tailles, de toutes les formes. Elles se regroupèrent dans une clairière dont elles firent une scène en quelques minutes. Elles y installèrent des microphones, des amplificateurs, des enceintes acoustiques, avec des câbles imitant des veines, des artères. Des cratères noirs se remplirent de roses rouges, des vases rouges de tulipes noires. Kozaï se rappela ce film, Laisse ma tombe ouverte, dont il avait tout oublié sauf le titre.

Ou le délire fantasmatique, bientôt soumis à une amère déception…

La Chouette effraie, roman presque noir, intrigue. Bien sûr, on ne sait pas encore bien vers où l’on va. Mais on pressent que l’auteur va s’amuser avec nous. Je me dépêche donc, de dépasser la page 31 et puis toutes les autres… afin de revenir chroniquer l’ensemble du roman. Affaire à suivre, donc !

Le mardi sur son 31

Le mardi sur son 31 – trois pour le prix d’un

Si je n’ai pas posté de chronique de lecture ces derniers temps, c’est qu’il y a une, deux, voire trois bonnes raisons. Tout d’abord, j’ai attaqué un ouvrage d’un petit millier de pages et, forcément, ça demande du temps. Parallèlement, je me suis lancée dans une autre lecture plus courte, mais que je peine à avancer car elle m’enthousiasme bien moins que prévu. Et à côté de cela, viennent de sortir deux livres sur l’auteur sur lequel je fais ma thèse et, en furieuse quête d’inédits et de nouvelles informations, je n’ai pas pu résister et les ai commencés tout aussi vite.

Alors, pour vous donner un petit aperçu des voix si différentes, et presque contradictoires, que je découvre en ce moment, j’ai décidé de profiter du mardi sur son 31 pour vous donner à voir un extrait de la page 31 des trois livres en cours

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Le mardi sur son 31

Le mardi sur son 31, le retour

Je ne suis pas toujours très douée avec les rendez-vous. Difficile pour moi d’être régulière et à l’heure à chaque fois. Aux débuts de ce blog, j’ai eu envie d’honorer celui-ci, qui a lieu le mardi, et avait été initié par Les Bavardages de Sophie. Puis j’ai préféré honorer le rendez-vous du lundi qui invitait, plus généralement, à faire le bilan sur ses lectures de la semaine… Mais voilà, je suis une girouette, et j’ai bien envie de reprendre un peu le Mardi sur son 31, même si j’ai l’impression que ce rendez-vous n’est plus très bien suivi aujourd’hui.

Petit rappel des règles, pour la peine : Chaque mardi, il suffit d’ouvrir sa lecture du moment à la page 31, et d’y recopier un court passage (une phrase initialement, mais élargissons un peu).

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Cela tombe bien, j’ai justement commencé hier soir Phrères de Claire Barré, aux éditions Robert Laffont. Et lorsque j’ouvre la trente-et-unième page, cela donne :

Depuis jamais / Je sais toujours

Une goutte tombe sur le papier, diluant l’encre, mais il continue, hypnotisé, possédé, dicté.

Et cela tombe d’autant mieux que ça dit à la fois tout ce qu’il y a de beau et de dérangeant pour moi dans ce livre, que je commence à peine. Mais j’ai envie de réfléchir sur les romans qui parlent directement de littérature. Et je pense que Phrères m’en donnera l’occasion, pour le meilleur comme pour le pire. Alors il faut que je m’accroche. Surtout qu’il y a sans doute à apprendre sur les Phrères simplistes, groupe poétique des années 1920, passé à la trappe de la mémoire littéraire.

Et vous, que vous raconte-t-elle, votre trente-et-unième page ?

Le mardi sur son 31

Le mardi sur son 31 : les surprises de la penderie.

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On est mardi, et à la page 31 de mon livre en cours de lecture, j’ai trouvé ce passage. Je l’ai dépassé à peine, alors je n’en sais pas plus que vous, et je me trouve fort intriguée :

Ma mère paraissait indifférente et lasse. Elle me regarda soudain avec un sourire inattendu, qui était en fait le sourire attendu, et je sus qu’une nouvelle était arrivée pour moi, tombée du paradis. Et à mon idée, la voyant si fatiguée qu’elle semblait avoir renoncé aux émotions, à celles qu’on reçoit comme à celles que l’on donne, la nouvelle ne pouvait être que d’importance. Ce jour-là, j’ai exhumé des couches inférieures de mon vestiaire la plus belle pièce de mon archéologie intime.

Cet extrait provient d’un roman de Jean-Louis Ezine : Les Taiseux. Comme son nom le laisse présager, il se concentre sur tout ce qui vit et tremble hors des mots. Le narrateur et sa mère vivent chez M. Ezine. Le narrateur ne connaît pas son père mais si sa mère ne lui en parle jamais, elle dispose petit à petit, dans les poches de ses vêtements, des indices et traces de cet homme inconnu. Bribes à bribes, le petit garçon se construit une rêverie sur ses origines.

A voir ce que cela donnera par la suite !

Le mardi sur son 31

Le mardi sur son 31 : Une enfance dans les corons

Déjà mardi ? Eh bien, à la page 31 de la lecture en cours, j’ai choisi cette phrase, ni plus ni moins :

Ridicules versements pour faire vivre mes deux frères d’avant-guerre et moi le petit dernier, survenu, dans un ultime et désespéré sursaut de vie partagée, pour atténuer la pire des douleurs : la disparition d’un autre fils écrasé à douze ans sous un camion de forains partant livrer quelques délassements aux autres enfants.

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Cette phrase, elle vient d’À la grâce de David Carton. Sous-titré Une enfance dans les corons. Elle est à la fois complètement et pas du tout représentative de cet ouvrage autobiographique, retraçant les pauvretés mais aussi les richesses de ces gens si simples et pourtant peu ordinaires. A la pire des douleurs succèdent toujours, semble-t-il, les élans de vie partagée.