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[A] Titus n’aimait pas Bérénice de Nathalie Azoulai

arton477

 

J’ai longuement hésité sur la façon dont j’allais écrire cette chronique. Parce qu’il y a sans doute plein de bonnes raisons pour apprécier ce livre. Mais d’une certaine façon – et je ne cerne pas bien pourquoi – j’ai l’impression qu’on m’entourloupe.

En fait, ça commence dès le sujet du livre. Le roman débute en ces termes (la quatrième de couverture renchérit) : Bérénice est une femme d’aujourd’hui, elle est la maîtresse de Titus et Titus la quitte. Brisée, bouleversée, elle se met à lire Racine. Et puis des livres sur Racine, tant qu’à faire. Elle veut à tout prix comprendre comment un janséniste, courtisan, homme de lettres, est parvenu à écrire l’amour de cette façon-là. Ce sera son processus de guérison à elle.

Beaucoup de blogueurs et de Babelionautes ont souligné avant moi le grand décalage qui existe entre ce que le livre annonce à son début et ce qu’il offre réellement. Nos Titus et Bérénice modernes n’apparaissent que très peu au cours du roman : trois passages, au début, au milieu et à la fin du roman. Soit 27 pages sur 315. Est-ce vraiment un problème, me demanderez-vous ? Après tout, l’histoire de Racine, c’est un sujet intéressant…  Oui, mais quelque chose gêne aux entournures dans ce choix de mise en place. Fallait-il, pour nous vendre une biographie romancée de Racine, absolument nous la présenter comme actuelle et devant répondre à nos interrogations contemporaines sur l’amour ? La Bérénice moderne créée par Nathalie Azoulai ne serait-elle qu’un prétexte ?

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