Challenge Clasique 2016·Lectures·Les Introuvables

[Les Introuvables] Leïlah Mahi, La Prêtresse sans dieu

Introduction

leilah mahi

Après ma lecture de Leïlah Mahi 1932 de Didier Blonde, je me suis dit que c’était un sujet de choix pour ma chronique des Introuvables. Après une longue enquête, on découvrait en effet, dans cet essai-roman-rêverie, que Leïlah Mahi avait été une femme de lettres qui avait écrit deux romans aux éditions Louis Querelle avant de disparaître soudainement durant l’été 1932. Lesdits romans, En marge du bonheur (1929) et La Prêtresse sans Dieu (1931), sont difficiles à trouver chez les bouquinistes, mais ils figurent dans le catalogue de la Bibliothèque nationale de France, sans doute grâce au dépôt légal. Ils sont même microfichés et, sauf justification particulière, c’est ainsi que les lecteurs d’aujourd’hui pourront les découvrir.

Mais quelque chose, surtout, m’avait interpellée. Les quelques lecteurs de Leïlah Mahi que j’ai pu lire sont restés très allusifs sur ses deux romans. A contrario, les visites sur ce blog suite à la recherche d’un des deux titres (surtout En marge du bonheur, j’ai l’impression) sont assez régulières. N’était-il pas alors de mon devoir d’essayer d’en parler un peu plus, et de citer quelques morceaux de l’un de ces mystérieux ouvrages ?

Manque de chance : je n’ai pas réussi à trouver En marge du bonheur -ou pas encore, soyons optimistes !). Mais j’ai déniché La Prêtresse sans dieu auprès d’un libraire spécialisé, je l’ai commandé. Et je l’ai lu.

Alors, on y va ?

La Prêtresse sans dieu.

La Prêtresse sans dieu est un court roman de 250 pages. Manque de chance, le retour, il fait suite à En marge du bonheur. Je partais donc avec un léger handicap puisque les personnages sont les mêmes, et que l’auteur fait parfois allusion aux aventures qu’ils ont pu connaître dans le tome précédent. Heureusement, je n’ai pas été trop perdue, et il m’a semblé que La Prêtresse sans dieu pouvait se lire et s’apprécier indépendamment.

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Notre personnage principal s’appelle Claudia, et c’est une femme du XXe siècle qui cherche bonheur et repères dans l’amour. Nous la découvrons, mélancolique, dans un train rapide Toulon-Paris. Elle y revient d’une virée décevante avec Alain, amant autrefois passionné, devenu aujourd’hui compagnon sans attention, plus concentré sur le kilométrage de sa voiture que par sa maîtresse.

Dans le train en marche, les mouchoirs réintègrent rapidement les poches. Sur le quai, ils s’attardent davantage. Dans un départ, les plus affligés sont toujours ceux qui restent…

Le voilà donc terminé pour moi ce beau voyage qui m’avais promis tant de joie, qui ne m’a apporté que désillusion et tristesse !

Le constat semble encore plus amer à Paris : « Je n’aurais pas dû faire ce voyage : il ne m’a servi qu’à me faire entrevoir une condition d’existence heureuse qui aurait pu être la mienne ». Dès ses première pages, finalement, La Prêtresse sans Dieu se présente comme un roman du renoncement. On pourrait s’attendre à une formule tout à fait classique : tristesse de la maîtresse abandonnée au profit de l’épouse légitime, apitoiement sur soi-même, deuil de la relation… et retour à la situation de départ ou avancée de l’héroïne. Mais l’auteur renverse un peu la donne : le menace ne vient pas de l’épouse mais de Madame Woold, une ancienne maîtresse quittée, comme un fantôme du passé revenu hanter l’héroïne. Se pensant surveillée par elle, l’héroïne finit par s’en confier à Alain et, quelques jours plus tard, Mme Woold vient sonner à la porte de Claudia et constituer l’élément perturbateur qui enclenche notre récit. Comment cette femme, pas même jolie, se plaît à remarquer la narratrice, qui n’est même plus une rivale à l’instant présent peut-elle inquiéter Claudia ? C’est que celle-ci survient à un moment de la relation où Claudia, sans s’en rendre compte encore, doute. Et qu’elle dit être restée l’amie et la confidente d’Alain. Cela pourrait sembler futile, mais le personnage lui-même prend un peu de recul sur cette scène de vaudeville :

Tout s’explique : c’est une ancienne et mauvaise cabotine qui ne sait pas jouer son rôle. Pour un peu, je lui crierais : « Mais non ! ce n’est pas ça du tout, vous êtes vieux jeu… Voyons ! vous aviez un amant. A cause de moi, il vous a quittée. Il a ensuite failli vous reprendre : finalement je l’ai gardé.

Nous n’allons pas, cependant, nous crêper un chignon que nous n’avons plus… Que diable ! soyons modernes…

Voilà sans doute l’une des clés de La Prêtresse sans dieu de Leïlah Mahi : comment aime-t-on et construit-ton son bonheur dans le monde moderne, où tout semble si transitoire ? Le bonheur file au rythme des kilomètres avalés par la voiture, et l’homme qu’aime Claudia est un fou de vitesse. Pour songer tout à son aise, et ressentir à son rythme, elle préfèrera plutôt les rêveries à l’opium et puis les souvenirs.

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Éloignés par l’ombre de Mme Woold et par eux-mêmes, Claudia et Alain traversent donc une crise. Claudia songe même un moment au suicide, congédie sa bonne, et déprime toute à son aise. Un appel du téléphone la sort cependant de sa résolution : Nita, sa jeune amie, enceinte d’un homme qui l’a abandonnée, lui annonce sans ambages la même résolution et raccroche. Claudia, comme ironiquement ramenée à la vie, passe une nuit affreuse pleine de cauchemars… mais quand elle s’éveille, au 1er Janvier, la vie a repris ses droits. Comme par ironie, Alain réapparaît dans sa vie, lui avoue qu’elle lui manque, qu’il a besoin d’elle. Ils profitent même de l’absence de Mme Alain pour vivre maritalement quelques temps, comme une parenthèse. Mais la présence d’un Alain, tangible, bien moins séduisant que l’Alain de ses pensées et de ses rêves, fait prendre conscience à Claudia que son bonheur est ailleurs.

J’entrevois confusément que j’ai fait fausse route, que ma grande erreur fut de vouloir consacrer ma vie à l’Amour, ce sentiment démodé. C’était vouloir m’habiller d’une robe à « paniers » et voyager en diligence…

Leur vie de couple se poursuit par intermittences quelques temps, mais Claudia commence à comprendre. Un soir, elle profite de l’absence d’Alain et lui écrit une lettre. Pendant qu’elle écrit, les mots lui viennent enfin, clairs, bien plus que les reproches qu’elle lui faisait autrefois et qui avaient tant essayé de dire la même chose. Et si elle aurait tout donné autrefois pour le voir l’aimer ainsi, il est aujourd’hui trop tard. Le roman se termine ainsi, justifiant par là son titre :

J’ai plié la lettre et l’ai pose sur le velours noir du divan, à l’endroit où tant de fois nos corps étendus s’étreignirent.

C’est l’heure… Courage !

Plus qu’un instant… Puis, j’irai droit devant moi, sans tourner la tête, l’âme glacée, le cœur mort, prêtresse sans dieu fuyant le temple vide…

Quand on y pense, on fait difficilement plus classique et ressassé comme thème : couple mal assorti, incompréhension, rendez-vous manqués de la vie. Pourtant, j’ai eu plaisir à lire ce roman parce qu’il sonne finalement assez juste. Il n’a pas si mal vieilli, puisque les questionnements sur comment aimer dans un monde où les relations vont et viennent sont toujours d’actualité, et est revêtu d’un léger vernis 1930 est assez plaisant pour le lecteur d’aujourd’hui.

Challenge-proust

 ~ * ~

Un peu de théorie : les auteurs oubliés de l’histoire littéraire

Il est utile qu’après décès, un écrivain entre dans l’ombre, afin d’y opérer sa transfiguration. Le seul risque qu’il court, c’est de n’en plus sortir.

Fernand Chaffiol-Debillemot, Les Marges

 

Pour s’y retrouver au milieu d’une matière fondamentalement plurielle, multiforme, l’Histoire littéraire a été obligée de faire le tri et de mettre en avant certains ouvrages pour en reléguer d’autres au magasin des accessoires. Ces choix ne sont en général pas anodins : ils nous inscrivent dans un parcours littéraire construit, avec un début, un milieu et parfois, pour les plus pessimistes, une fin. Ces choix cependant trahissent des valeurs et des représentations propres à chaque époque.  

Je prend un exemple : Molière est depuis longtemps étudié à l’école, mais ça n’a pas toujours été le même Molière. Sous la IIIe République, c’était Le Misanthrope qui était la pièce la plus étudiée. Elle était en vers, ce qui la rendait formellement supérieure à celles en proses, et elle respectait bien les normes et contraintes du théâtre classique : en cela, elle représentait bien le canon qu’on demandait aux élèves de reconnaître. Aujourd’hui, si Le Misanthrope est toujours étudié, on n’hésite plus à faire travailler les élèves sur Tartuffe ou Don Juan. D’une part, parce que ces pièces sont en prose et qu’elles sont donc moins difficile à lire pour des jeunes qui ne sont plus aussi familiers avec la versification du XVIIe siècle, mais aussi parce qu’elles semblent justement se détacher du canon alors en vogue. Ce n’est pas avec Don Juan que l’on peut voir respecter l’unité de lieu, puisque les personnages changent d’endroit à chaque acte. C’est alors en creux que les règles du théâtre classique seront étudiées mais, surtout, l’accent sera davantage mis sur l’originalité de ces pièces par rapport aux comédies qui leur sont contemporaines. Deux jugements en somme très différents, et qui répondent à des critères presque opposés, mais qui ont justifié que Molière ne soit pas oublié par l’histoire littéraire. C’est ce qui fait qu’on a presque tous lu Molière alors qu’aucun d’entre nous – à part le spécialiste du XVIIe que j’aperçois au fond, là-bas – n’aura lu Rotrou. Cela signifie-t-il que Rotrou est mauvais et que Molière est bon ? Pas forcément.

Toute histoire consiste à hiérarchiser un minimum les éléments d’information et construire des réseaux de sens entre eux. Mais ce processus n’est pas sans conséquences.

  • Dans les cas les plus conflictuels, une littérature qui entre en contradiction avec le récit qu’on essaie de construire pourra être mise de côté ou considérée comme mineure.

Vous ne voyez pas de quoi je veux parler ? C’est ce qui fait qu’on connaît assez peu la littérature du premier XVIIe siècle, éclipsée par celle qui s’est développée sous le règne de Louis XIV. Cette dernière, en effet, a considérablement codifié les pratiques artistiques, elle a placé des repères partout, et elle s’est posé comme une référence. C’est à partir d’elle et de ses repères que la littérature a ensuite évolué, par continuation et par opposition. Sauf que dans le processus, les petits baroques du début du XVIIe, on les a un peu oubliés. Sur un autre plan, c’est tout le débat qui est mené autour de la littérature féminine au cours des siècles : est-elle peu présente dans nos manuels parce que de qualité moindre, ou la considère-t-on de qualité moindre parce qu’elle est peu mise en avant ? (Ne cherche pas, je ne me prononcerai pas sur le sujet !)

  • Aujourd’hui, notre histoire de la création littéraire est une héritière des valeurs du romantisme, qui mettent au premier plan l’expression de l’individu  et d’un « génie artistique, irrationnel et créatif […] animé d’une liberté intérieure capable de briser le carcan des codes et des conventions » (Ilaria Ciseri). En ce sens, notre histoire littéraire se concentre sur les artistes qui ont révolutionné leur genre, leur discipline ou encore créé un style. 

Cela pose plusieurs problèmes de nature très différente. Tout d’abord parce que la paternité d’une nouveauté littéraire est rarement totalement claire : pour preuve, plusieurs poètes se sont battus à la fin du XIXe siècle pour revendiquer l’invention du vers libre. Il y aussi les inventeurs malheureux : il n’est pas rare que les précurseurs soient oubliés dans l’histoire littéraire au profit de ceux qui ont su donner à l’innovation une forme efficace et réussie. On se dit souvent qu’on devrait lire Ulysse de James Joyce, parce que bon sang, le monologue intérieur, c’est tout de même quelque chose dans la littérature… mais on se dit rarement qu’on devrait absolument lire Edouard Dujardin qui, en 1887, dans Les Lauriers sont coupés, a utilisé cette forme pour la première fois. Enfin, que que faire des auteurs qui n’ont pas été novateurs, de ceux qui ont eu la malchance d’être « seulement » de leur temps ?

  • Des genres considérés comme moins légitimes que d’autres, dans la hiérarchisation choisie, sont moins étudiés dans leurs formes anciennes, et titres et auteurs peuvent facilement sombrer dans l’oubli. La littérature sentimentale a longtemps été considérée comme de bas étage, et on a donc tardé à interroger son historique, son évolution, etc. Cette absence de cadre historique pour contextualiser et juger desdites productions incite à reléguer les titres découverts parmi la littérature mineure (Encore un roman d’amour !), et le serpent peut se mordre la queue.

Cela signifie-t-il qu’il faut d’office conspuer toute tentative d’histoire littéraire ? Non, tout simplement parce qu’on ne peut pas tout découvrir et tout lire à la fois. Il faut bien commencer quelque part, et c’est plutôt pratique, voire nécessaire, d’avoir quelques repères pour s’y retrouver. Il s’agit simplement de prendre conscience qu’il n’y a pas une histoire littéraire gravée dans le marbre, mais des histoires littéraires, qui dépendent bien plus qu’on ne voudrait le croire de nos critères esthétiques et parfois moraux. 

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Bon, c’est bien gentil, tout ça, mais quel rapport avec Leïlah Mahi ? Eh bien, elle se trouve particulièrement concernée par les conséquences du processus décrit ci-dessus. Souvent, l’oubli total vient frapper l’écrivain qui a le malheur de cumuler les critères. On vérifie ?

  1. Relevant de la littérature sentimentale, son livre n’appartient pas à un genre littéraire très valorisé.
  2. Son roman n’invente rien, ne révolutionne pas son genre et semble même de facture très traditionnelle à une époque où la littérature est en train d’exploser dans tous les sens.
  3. Son éditeur, Louis Querelle, n’est pas spécialement passé à la postérité, ce qui n’aide pas à revaloriser les écrivains de son catalogue.
  4. Peut-être le fait d’être une femme n’a-t-il pas contribué à lui apporter assez de légitimité pour passer la barrière des années.

Pourtant, je l’ai lu et même plutôt apprécié, ce roman. Est-ce parce que je suis une snob incontestée, qui veut lire ce que personne ne lit ; est-ce parce que j’ai particulièrement mauvais goût et que je pourrais lire n’importe quoi ? On touche là à une question centrale : pourquoi lit-on de la littérature ancienne ? Pour lire un livre qui a de l’âge, il fautd’abord que le livre soit lisible pour le lecteur contemporain. C’est l’évidence du jour, mais cela conditionne tout. Moi-même qui aime farfouiner partout, il est peu probable que je vous présente un ouvrage latinisant du XVIe siècle dans mes Introuvables, tout simplement parce que je ne lis pas le latin dans le texte. En ce sens, un texte trop de son époque – si tant est que l’on puisse être trop de son époque – peut parfois se révéler difficile à lire, parce qu’il faut contextualiser l’oeuvre, la replacer à un moment d’histoire générale et artistique précis, pour pouvoir en saisir la portée. S’il constitue une mine d’or pour l’historien qui peut y trouver des informations très précieuses sur les mentalités, les coutumes ou encore les conventions d’écriture d’une époque donnée, il y a fort à parier qu’il soit tombé dans l’oubli au moins auprès du grand public.

Dans le cas où notre livre ancien peut être lu sans trop de difficultés de compréhension, pour qu’il perdure (ou resurgisse), il faut également qu’il réponde à un besoin contemporain. Un ouvrage qui serait irrémédiablement de son époque peut connaître une belle fortune littéraire auprès d’un lectorat souhaitant justement le dépaysement : par exemple, certains romans anglais du XIXe siècle connaissent aujourd’hui une seconde jeunesse grâce à l’intérêt des lecteurs contemporains pour la période victorienne. Mais un vieux bouquin peut également répondre à des interrogations modernes. Dans ces cas-là, la lecture de l’ancien passe par un processus d’actualisation du propos. La Fontaine ou Racine avaient déjà fait la même chose en leur temps, en actualisant les antiques pour en tirer quelque chose qui faisait écho à ce qu’était leur siècle.

A ce titre, La Prêtresse sans Dieu de Leïlah Mahi cumule un peu les deux : c’est un ouvrage très accessible par le style, qui reflète par touche les années 1930 (fêtes, opium, cheveux courts et cheveux courts) et dont le sujet peut être facilement actualisé (doit-on chercher le bonheur dans l’amour ; la stabilité et l’innocence amoureuse sont-elles encore possibles ?). C’est donc un livre que l’on peut lire, avec profit, malgré son âge et malgré le fait qu’il ait été particulièrement oublié.

Lorsqu’on dit qu’un livre est sans doute « oublié à raison », on n’a pas tout à fait tort. Mais il faut faire attention à ce que l’on met derrière ce à raison. Les facteurs d’oubli sont très nombreux, et on ne peut pas expliquer simplement la disparition de tel ou tel auteur des mémoires simplement par le fait qu’ils soient moins bons que ceux dont on se souvient. Parfois, ils le sont. Parfois, ils sont tout aussi bons, et on a choisi de mettre en avant l’auteur le plus exemplaire dans son genre, parce que c’était plus pratique comme ça. Parfois, ils sont très bons, et on est passés à côté pour mille raisons, bonnes ou mauvaises.

Par chance, on redécouvre chaque jour. Certaines périodes, certains auteurs, certains courants sont redécouverts par des passionnés et sont portés à la lumière de nouveau.  Des hommes de lettres, critiques et universitaires remettent régulièrement en question les machines de légitimation littéraire : Verlaine défendait des artiste injustement méconnus selon lui dans Les Poètes maudits D’autres autrefois encensés tombent dans l’oubli à leur tour. Parce que nos horizons d’attente changent. Même au cours d’une vie, nous faisons sans cesse varier nos appréciations et nos souvenirs littéraires, alors à échelle de la mémoire collective, et sur des siècles, vous imaginez ? En somme, l’histoire littéraire est un vaste jeu de balanciers qui ne s’arrête jamais.

A chacun de nous d’y jouer notre rôle, à notre modeste niveau.

 

Sources – Pour aller plus loin

~ * ~

  • Pierre Bourdieu, Les règles de l’art, Genèse de structure du champ littéraire, Points Seuil.
  • Eric Dussert, Une forêt cachée, 156 portraits d’écrivains oubliés, Paris, La Table ronde, 2013.
  • Hans-Robert Jauss, Pour une esthétique de la réception, Paris, Gallimard, 1978.
  • Ilaria Ciseri, Le romantisme 1780-1860 – La naissance d’une nouvelle sensibilité, Grund, 2004.
  • Judith Schlanger, La Mémoire des œuvres, Verdier Poche, 2008.

J’ai également utilisé, pour accompagner la rédaction de cette chronique, mes notes prises à l’occasion d’un séminaire sur La transmission des lettres, suivi en Master 1 à l’Université Paris IV.

 

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7 réflexions au sujet de « [Les Introuvables] Leïlah Mahi, La Prêtresse sans dieu »

  1. Le choix est on ne peut plus original, et même si je ne suis pas sûr de lire Leilah Mahi dans les mois à venir (ne serait-ce que pour des raisons pratiques !), j’aimerais essayer moi aussi à l’occasion de ce défi classique de me concentrer sur des auteurs sinon complètement oubliés, du moins considérés comme mineurs ou secondaires…

    C’est aussi, comme tu le dis pour finir, une question de rôle à jouer : que puis-je dire de Madame Bovary, moi petit lecteur du XXIe, qui n’ait déjà été dit ? Que puis-je apporter ? Pas grand chose a priori. En revanche, faire émerger un auteur oublié, même pour deux ou trois personnes, c’est un bel objectif !

    C’est amusant d’ailleurs car tu cites Edouard Dujardin… Qui sera ma lecture classique de février (je prends de l’avance, oui). A-t-on eu raison de l’oublier ? En partie, mais comme tu le dis rien n’est jamais aussi simple ! Le roman est mal fichu dans l’ensemble, mais il réserve quelques très beaux passages, et son statut avant-gardiste mérite qu’on s’y penche !

    Merci en tout cas pour cette autre découverte 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Ah, mais c’est que le hasard fait bien les choses ! Je serais curieuse de lire ce que tu diras des Lauriers sont coupés (que je n’ai moi-même pas lu en entier, pour tout avouer…). Je me demande ce que nous réservent les « quelques très beaux passages » que tu mentionnes, et même les réserves que tu pourrais exprimer sont intéressantes. C’est peut-être le meilleur honneur qu’on puisse leur faire, à ces bouquins-là : les traiter un peu normalement. 😀

      C’est moi qui te remercie pour ta lecture et cet intéressant retour ! 🙂

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  2. Heureuse initiative que cette rubrique! On ne parle pas assez de certains auteurs aujourd’hui oubliés… pour les raisons diverses que vous évoquez. A noter que Molière fait justement partie des rares écrivains à n’avoir jamais connu d’éclipse.

    J’espère pouvoir me plonger de temps en temps dans l’un ou l’autre de ces introuvables et oubliés au cours de l’année à venir. De mon côté, j’essaierai d’être assidu chez vous! 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup ! Et oui, Molière fait un peu figure d’exception (il doit bien en avoir d’autres, mais c’est le premier exemple qui m’est venu en tête).

      En fait, je fais ma thèse sur un de ces auteurs oubliés, donc je suis assez sensible à cette question. Depuis le début de mon parcours, j’ai beaucoup entendu, de la part même de mes condisciples, parfois, que si mon auteur était oublié, il y avait forcément une raison (ou du principe de sélection naturelle appliqué à la littérature). Je n’ai pas prétention à changer l’histoire littéraire, mais je pense que de vieux livres oubliés peuvent parfois rencontrer un nouveau public, après des années de purgatoire. Pour peu que l’on veuille leur donner une chance.

      Et on n’est jamais à l’abri d’une découverte cachée au fond d’un grenier ! Mon premier Introuvable venait de la bibliothèque de ma grand-mère 😛

      Encore merci pour ces encouragements, en tout cas, ils me vont droit au cœur. =)

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  3. Leïlah Mahi est de nos jours, connue de quelques uns dont nous, pour cette photo qui orne sa case au Colombarium du Père Lachaise.

    Si cette photo, qui lui donne post mortem une allure de Mata Hari de « ciné popu » n’existait pas, il est certain qu’aujourd’hui plus personne ne parlerait de Leïlah Mahi !

    Même pas vous, chère Alphonsine, malgré votre gout annoncé pour les littéraires oubliés…

    Leïlah Mahi nous interpèle pour le mystère qui entoure sa sépulture, et pour toutes ces questions, demeurées à ce jour sans réponse…

    Ces questions qui intriguent tant ceux qui passent devant sa case, depuis ce 12 août 1932 (qui pouvait bien être cette Leïlah Mahi ? D’où venait-elle ? De quoi vivait-elle ? de quoi est-elle décédée ?)…

    Leïlah Mahi ne sera JAMAIS redécouverte pour son oeuvre littéraire.

    Leïlah Mahi accèdera à la célébrité non pour une oeuvre littéraire accomplie de son vivant, à l’instar d’une Colette qui repose dans le même Père-Lachaise, ou encore à celui d’une Isadora Duncan,danseuse mais aussi écrivaine, une autre célébrité du Colombarium qui furent ses contemporaines.

    Leïlah Mahi obtient une infime part de célébrité, grâce à ce paradoxe qui veut, qu’à l’inverse des deux autres habitantes du cimetière citées précédemment, on ne sait STRICTEMENT RIEN d’elle !

    RIEN, en dehors de ces quelques légendes, plus ou moins fantaisistes, véhiculées parmi les curieux du Père Lachaise…

    Leïlah Mahi aura certainement fait plus répandre d’encre depuis sa crémation, qu’elle en aura fait couler de son vivant…

    Se serait-elle imaginé telle chose, lorsqu’elle rédigea l’ouvrage dont il est ici question (la prêtresse sans dieu) ?

    Quelle singulière façon d’accéder à la postérité…

    Le Destin, qui manque rarement d’ironie, lui aura joué un tour tant singulier que des plus discutables, comme à tant d’autres pseudo artistes avides de renommée…

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  4. Moi, je peux l’aider à découvrir la vérité sur qui était vraiment Leïlah Mahi, il faut juste qu’il me donne « signe de vie » ici, ce Monsieur Didier Blonde, et… Je me ferais un plaisir de le mettre sur la piste de notre Leïlah Mahi…

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    1. Je doute que M. Blonde ne passe ici. Je pense que le mieux, si vous voulez vous adresser à lui, est de lui écrire via son éditeur.

      Je suis heureuse que le blog soit un espace de partage et de discussion, mais j’aimerais tout de même que mon article ne devienne pas simple prétexte pour contacter quelqu’un d’autre, surtout vu le travail qu’il a sollicité (la chronique des Introuvables étant chère à mon cœur). Merci et bonne continuation ! 😉

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